Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Photo Jack Guerrier 2018

 

Je lis, Menus souvenirs, de l’écrivain portugais José Saramago. Les bonaces, je ne connaissais pas ce mot. C’est l’état de la mer avant une tempête. Quand la mer est calme, tranquille. Saramago est né les pieds sur la terre campagnarde, parmi les oliviers. Oliviers plusieurs fois séculaires qui furent bientôt remplacés par un océan de maïs. Les villageois pleurent leurs oliviers noirs et tortueux qui abritaient les lézards, leur faisaient de l’ombre et donnaient du goût à la soupe.

Saramago s’en vînt habiter Lisbonne mais garda ses racines :

« L’enfant avait déjà déployé des vrilles et des racines, la graine fragile que j’étais alors avait eu le temps de fouler l’argile du sol de ses pieds minuscules et mal assurés pour recevoir la marque indélébile et originelle de la terre, ce fond mouvant de l’immense océan d’air, cette boue tantôt sèche, tantôt humide, composée de déchets végétaux et animaux, de tous les détritus qui puissent exister, de roches broyées, pulvérisées, de substances multiples et kaléidoscopiques qui passèrent par la vie et à la vie retournèrent, comme des lunes, les crues et les sécheresses, les froids et les chaleurs, les vents et les bonaces, les douleurs et les joies, les êtres et le néant. »

In Menus souvenirs, José Saramago, prix Nobel de littérature 1998.

 

©Jack Guerrier 2020. Tous droits réservés.

 

Tag(s) : #Sétubal, #Portugal, #chronique, #lelivreursolitaire.com, #Jack Guerrier, #photo, #Aldama, #José Saramago, #auteurs portugais, #Menus souvenirs, José Saramago

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :